WASHINGTON
(AFP) - La NASA a renoncé à remplacer la navette
spatiale, préférant prolonger sa durée de vie et financer
la construction de la Station spatiale internationale
(ISS) et la recherche scientifique à bord, selon une
version révisée du budget 2003 transmise jeudi au
Congrès.
Le
document révisé émanant de la Maison Blanche n'envisage
plus de remplacement de la navette à l'horizon 2012
mais soutien la mise au point d'ici à 2010 d'un nouvel
avion orbital, lancé par une fusée classique, qui
permettrait de transporter les astronautes vers l'ISS
et de leur servir de véhicule de secours.
Le
patron de la NASA a défendu mercredi soir l'idée de
cet avion orbital "basé sur des technologies existantes,
donc moins risqué et moins cher".
Cet
avion, a ajouté Sean O'Keefe, "remplacera la navette
spatiale comme véhicule de transport d'équipages,
libérant la flotte de navettes qui pourront se concentrer
sur le transport de charges lourdes" en orbite.
La
décision de renoncer à mettre au point un successeur
à la navette a été nourrie par les estimations de
la NASA, selon lesquelles le coût de développement
de la navette du futur serait certainement plus proche
de 25 milliards de dollars que des six milliards initialement
prévus.
Cette
dernière version du budget 2003 transmise par la Maison
Blanche permettra de débloquer les quelque 600 millions
de dollars qui manquaient pour le financement de la
Station spatiale, selon l'administrateur de la NASA.
"Le
nouveau (plan) coordonne nos investissements pour
permettre l'exploration dans un but scientifique et
fournit un accès humain sûr et fiable vers la Station
spatiale internationale", a déclaré M. O'Keefe.
Ce
dernier ne demande pas de fonds supplémentaires pour
l'ISS mais pompe largement le budget qui était à l'origine
destiné à la recherche sur les nouvelles technologies
de propulsion et autres projets à long terme regroupés
dans le cadre du programme de cinq ans élaboré en
2001 et appelé Space Launch Initiative (SLI).
Au
total, près de quatre milliards de dollars sur cinq
sont retirés au SLI, dans ce que la NASA qualifie
de "glissement coordonné" pour venir financer l'ISS
et permettre la modernisation de l'actuelle navette,
vieillissante, qui rencontre des problèmes techniques
à répétition, occasionnant de nombreux retards au
lancement.
En
outre, les équipes de recherche et développement devront
désormais se concentrer sur la mise au point d'un
avion orbital qui "reflète le besoin de transporter
les équipages de la Station et de s'assurer que l'équipage
peut évacuer (l'ISS) en cas d'urgence", lit-on dans
le projet de budget amendé de M. O'Keefe, aux manettes
de l'agence spatiale depuis un an.
Le
budget total de la NASA demeure donc inchangé, à 15
milliards de dollars pour l'année fiscale 2003 débutant
en octobre, en accord avec les engagements de son
administrateur, qui avant de prendre ses fonctions
était l'un des proches conseiller de George W. Bush
en tant que directeur-adjoint du budget.
M.
O'Keefe réussit néanmoins la performance de combler
le trou dans le budget consacré à la Station spatiale,
un point qui alimentait depuis plusieurs mois les
critiques des partenaires européens et japonais, qui
reprochaient aux Etats-Unis d'imposer une réduction
de l'équipage permanent à bord de l'ISS et de nuire
ainsi à ses capacités de recherche scientifique.
Les
chefs des 16 agences spatiales qui participant à l'ISS
doivent se réunir le 5 décembre à Tokyo pour se pencher
sur le budget. Parmi les partenaires de l'ISS figurent,
outre les Etats-Unis, la Russie, le Japon, le Canada
et la France.