PARIS
(AFP) - Presque aussi connues que les Perséides
en août, les Léonides, ces pluies d'étoiles filantes
qui illuminent chaque mois de novembre le ciel nocturne,
seront particulièrement spectaculaires cette année,
en particulier le 19 novembre en fin de nuit. Selon
les sociétés et associations d'astronomie, le maximum
(le "pic") du phénomène est attendu sur l'Europe,
le nord du continent américain et le nord-ouest de
l'Afrique le 19 novembre vers 04h00 GMT.
Mais les prévisions ne sont pas toujours respectées.
Mieux vaut passer dehors une grande partie de la nuit
du 18 au 19 (voire la nuit précédente et la nuit suivante)
pour ne pas rater le spectacle qui, d'après les scientifiques,
ne devrait pas revenir, aussi dense en tout cas, avant
2098 ou 2131.
Phénomènes lumineux, les étoiles filantes (ou météores)
apparaissent chaque fois que des météorites - des
grains de poussières le plus souvent, parfois des
cailloux plus ou moins gros - entrent au contact des
couches denses de l'atmosphère, à des vitesses allant
de 15 à 70 km/seconde.
En
raison du frottement de l'air, ces poussières deviennent
incandescentes avant de se volatiliser.
Electrisé
sur leur passage, l'air devient luminescent, donnant
l'impression de trainées persistantes semblant provenir
d'un même endroit du ciel: la constellation de Persée
pour les Perséides, celle du Lion pour les Léonides,
celle des Gémeaux pour les Géminides...
C'est
essentiellement lorsque, dans son mouvement annuel,
la Terre croise l'orbite d'une comète - existante
ou disparue - qu'on observe des étoiles filantes en
grand nombre et lorsque la Terre traverse un nuage
de poussières cométaires qu'on peut avoir la chance
d'assister à de véritables pluies. L'étude de l'orbite
de la comète Swift-Tuttle après son passage près de
la Terre, en août 1862, avait conduit l'astronome
italien Giovanni Schiaparelli (1835-1910) à découvrir
que cette orbite était quasiment identique à celle
de l'essaim de poussières responsable des Perséides.
Après avoir fait peu après le même type de constation
-- identification de l'orbite de la comète Temple-Tuttle
(de 1866) avec celle de l'essaim des Léonides -- Schiaparelli
en avait déduit que les comètes sont à l'origine des
essaims de poussières qui produisent les pluies de
météores. Ainsi, depuis Schiaparelli, la plupart de
ces essaims ont été associés à des comètes.
Au
voisinage du Soleil, la glace des couches supérieures
de la comète va fondre, libérant les poussières emprisonnées.
Une partie de ces poussières va s'accumuler dans le
sillage de la comète et constituer ainsi un essaim
qui circule sur la même orbite qu'elle.
La
Terre repasse chaque année au voisinage de ces essaims,
tels les Géminides (entre le 7 et le 15 décembre),
les Quadrantides (du 1er au 4 janvier, essaim associé
à la comète Kozik-Peltier), les Orionides (du 18 au
26 octobre, associé à la comète de Halley), les Perséides
(du 25 juillet au 17 août). Les Léonides sont abondantes
tous les 33 ans environ.
Ainsi,
des pluies spectaculaires, des tempêtes (1.000 météores
ou plus à l'heure pendant un quart d'heure au moins),
ont été enregistrées en 1799, 1833 (avec un record
de 100.000 météores à l'heure), 1866, 1966.
Cette
année, la Terre passe dans les essaims laissés par
la comète Temple-Tuttle en... 1767 et 1866, particulièrement
denses.
De
véritables feux d'artifice devraient donc être observés.
NASA
(Les léonides (en anglais)).
(Photo
: Les Léonides, en 1999, en Jordanie Par Jamal Nasrallah)