Prologue
: La jeunesse de l'espace
Le premier programme spatial
du monde
Le premier programme spatial
du monde est la tâche que les Soviétiques ont confiée en mars
1954 à un "Comité Scientifique de Liaisons pour les Vols
Interplanétaires".
Quatre hommes le composent : Victor Ambartsoumian (astrophysicien,
président de l'Académie des Sciences d'Arménie, élu en 1948
vice-président de l'Union Astronomique Internationale), Piotr
Kapitza (physicien dont les travaux sur les particules
et les plasmas font autorité), Leonid Sedov (mécanicien,
spécialiste des turbulences et écoulements), Igor Kurchatov
(atomiste de renom).
Ces quatre chercheurs ont la tâche de l'étude d'un appareillage
pour explorer l'espace à des fins scientifiques. Leur actions
sera prolongée par une "Commission Permanente pour l'Astronautique",
que l'Académie des Sciences de l'URSS crée le 15 avril 1955.
Des déclarations officielles font état de ces projets spatiaux
des Soviétiques.
Au nom du Comité américain pour l'Année géophysique, Lloyd
V. Berkner reçoit ainsi le 10 juin 1957 un document russe
lui annonçant qu'un satellite sera lancé au cours des prochains
mois.
Le 18 septembre, Radio-Mouscou précise que l'opération aura
lieu et la presse technique soviétique fait connaître les
fréquences que ce satellite utilisera.
Une étonnante fusée arrive en phase finale, son poid proche
de 300 tonnes, imaginé par Serguei Korolev, avec une conception
très originale. Cette fusée de type pyramidale, avec un corps
centrale constitue son second étage; quatre propulseurs coniques
hauts de 19m, l'ensemble formant le premier étage. Le corps
principal et les quatre propulseurs sont munis d'un moteur
comportant quatre chambres de combustion, l'ensemble alimenté
par kérosène et oxygène liquide, pouvant créer une poussée
de 500 tonnes.
Cette fusée essayée sans allumage de son second étage, et
elle a seulement effectué un bond balistique de 1500 km qui
l'avait fait passer inaperçue des radars américains surveillant
le territoire soviétique. Sa véritable nature apparaît seulement
quand elle peut fonctionner avec tous ses moteurs le 26 août
1957. La transformation de cette fusée en lance-satellite
se fera en quelques semaines.
Coup de tonnerre avec Spoutnick-1
Dans la soirée
du 4 octobre 1957, un
communiqué de l'agence Tass annonce que
l'Union
Soviétique a lancé le premier satellite de la Terre
L'humanité est entrée dans
l'ère interplanétaire et la surprise est totale surtout pour
les USA.
Ce fait qui semble si extraordinaire que d'aucuns vont jusqu'à
le nier. Des articles affirment que les Russes n'auraient
lancé aucun satellite. Pourtant les stations au sol reçoivent
ses émissions : Spoutnick-1 tourne bien autour de la Terre
sur une orbite de 228/947 km.
Le monde attendait que le premier satellite soit américain
que dans son discours du 29 juillet 1955, le président Eisenhower
avait annoncé à l'occasion de l'Année géophysique, avec le
programme Vanguard (Avant-garde), initialement envisagé pour
juin 1957, a été retardé de plusieurs mois.
La consternation est totale aux Etats-Unis et les responsables
sentent qu'il faut faire rapidement quelque chose, une expérience
intervient le 23 octobre. Une fusée Vanguard, dont seul le
premier étage est actif, fait exploser sa charge à une altitude
de 172 km. Certains éclats jaillisent à une vitesse qui doit
dépasser 11 km/sec. Spoutnick-1 reste et continue à monopoliser
l'attention.
L'inquiétude est d'autant plus grande que les services américains
ont deacutecelé une énorme fusée porteuse accompagnant le
satellite soviétique. Nul doute que les Russes disposent d'un
outil ultra puissant propre à mettre en orbite des charges
considérables.
Spoutnick-2 avec la chienne
Laïka
Le
03 novembre 1957, Spoutnick-2 prend la route de l'espace avec
à son bord la petite chienne Laïka
C'est un engin de 508kg, auquel
est dévolu un programme biologique dont, une semaine durant,
les réactions sont suivies grâce à un système télémétrique.
L'expérience apporte aux spécialistes soviétiques les renseignements
nécessaires pour préparer des vols pilotés.
Puis aussi avec ses soeurs
: Bielka
et Strelka, ainsi que Pcholka
et Mouchka
L'humiliation
La situation, aux Etats-Unis,
est encore aggravée par l'échec d'une opération tentée en
vue de lancer un satellite la même a année que les Soviétiques.
Les USA tente de mettre au point et en orbite Vanguard-1,
sans avoir effectué les préliminaires indispensables.
Compte à rebours à Cap Canaveral sur la côte de Floride, a
été installé la base de Patrick Air Force; la mise à feu intervient
le 6 décembre à 11h46 (heure locale). Et c'est la catastrophe;
après s'être élevée à 1 m, la fusée retombe et explose. Un
énorme champignon jaune et noir s'élève :
C'est "l'humiliation Pamplemousse".
L'astronautique Russe triomphe,
les Américains ont donné une démonstration de leur incapacité
à lancer des fusées.
La réaction des américains ne va toutefois pas se faire attendre.
A l'armée de terre, qui s'assure le concours de Wernher von
Braun, ils confient une opération de satellisation avec des
moyens entièrement différents.
Une fusée Jupiter-C est créée en surmontant un engin balistique
Redstone d'un faisceau de onze fusées Sergent; trois fusées
Sergent forment un troisième étage, le quatrième étage étant
une fusée Sergent dont la tête porte un Explorer de 5,6 kg.
Le 31 janvier 1958, Explorer-1 est placé sur une orbite
de 356/2546 km. Wernher von Braun gagne son pari en plaçant
ce satellite. Explorer-1 permet une grande découverte, son
apogée élevé le fait pénétrer dans une région de l'espace
à l'intérieur de laquelle les compteurs se bloquent : mise
en évidence d'une ceinture de radiations.
Après deux nouveaux échecs, Vangurad-1 est enfin mis en
orbite le 17 mars 1958. Ce petit fournit des renseignements
sur la Terre qui se révèle dissymétrique, bombée au pôle Sud
et pointue dans la région boréale.
Une nouvelle fusée Jupiter-C lance Explorer-3 le 26 mars .
A défaut de poids lourd, les USA ont mis en orbite 3 satellites
alors que 2 pour l'URSS.
Mais ces derniers d'envoyer dans l'espace le 15 mai 1958
un Spoutnick-3 de 1.327 kg, alimenté par des batteries
solaires, dont pendant 23 mois durant, il va transemettre
des renseignements sur l'environnement terrestre, révélant
en particulier le danger météoritique. Ce nouveau bond dans
le tonnage cause une très forte impression.
Le lanceur de Korolev n'a pas son équivalent aux USA où les
fusées à portée intermédiaire ont eu la priorté sur la grosse
fusée intercontinentale. Les USA installent de multiples bases
afin de pouvoir effectuer des opérations économiques, en utilisant
des fusées de taille réduite.
Une première expérience a eu lieu dès le 17 août 1958 en utilisant
une Thor Able à quatre étages. Les USA tentent de lancer
Pionnier-0; il s'agit d'une sonde de 11,3 kg et équipée
d'une rétro-fusée en vue d'une satellisation autour de la
Lune. Mais toujours sans préliminaire, 77 secondes après la
mise à feu le lanceur explose à 2.000 mètres d'altitude.
Naissance de la NASA
Une grande décision va intervenir,
mettant fin aux rivalités entre les trois armes. Le 1er octobre
1958 la National Aeronautics and Space Administration ou NASA
est créée. Le président Eisenhower est peu enclin à lancer
son pays dans une conquête de l'espace. Mais un impératif
politique se pose : il faut faire face à l'URSS dont l'action
continue de progresser et faute d'information on exagère les
possibilités.
C'est alors qu'on n'hésite pas à voir grand aux Etats-Unis.
L'industrie propose à la NASA des projets concernant tous
les aspects de l'astronautique.
En particulier, le rapport Preliminary Studies of Manned
Satellites, qu'avaient publié trios chercheurs du National
Advinsory Committee for Aeronautics va devenir le document
de base du programme Mercury visant à envoyer des hommes dans
l'espace. Les américains veulent tout faire, mais leur puissance
technologique va toutefois leur demander un certain temps.
En attendant les méthodes de travail sont changées et on met
tout en oeuvre pour que les opérations déjà préparées soient
excécutées dans les meilleures conditions.
Les pionniers (USA)
Le premier satellite NASA,
en même temps que premier satellite construit par une société
privée (TRW), Pionnier-1 est lancé le 11 octobre 1958.
Une caméra de télévision est a bord afin que l'engin filme
la Lune depuis une orbite sé:lène. La mission prévoit en outre
une étudedu magnétisme lunaire et de la densité des météorites.
Pionner-1 prend un bon départ. Mais par suite d'une vitesse
insuffisante il ne s'éloigne qu'à 114.000 km avant de revenir
sur Tere pour brûler dans son atmosphère 43 heures après son
lancement. Malgré cet échec et la défaillence de nombreux
instruments, l'échec n'est pas total car la ceinture de radiations
extérieure a été découverte.
Pionner-2, en revanche, est un insuccès complet. Le
8 novembre 1985 l'engin doit être détruit 42 mn après son
départ.
Le 6 décembre 1958 pour lancer Pionnier-3 (7kg), les
USA utilisent une nouvelle fusée : la Juno-1. La vitesse
est encore insuffisante et la sonde ne s'éloigne qu'à 108.000
km.
Avec un bilan très maigre, ils mettent au service de l'espace
la fusée intercontinentale Atlas. Le 19 décembre 1958,
avec l'opération Score, elle part mais sous sa version
initiale avec une poussée de 167 tonnes seulement. Quatre
tonnes sont en orbite, soit le triple de Spoutnick-3. Mais
l'URSS comparent les charges utiles : celle de Score
est seulement de 68 kg (Le professeur Sedov de préciser
: la fusée porteuse de Spoutnick-3 représentait plus
de 4 tonnes). Et des années vont s'écouler avant que
les Américains possèdent de gros lanceurs.
Première planète artificielle
Et en attendant
l'avance soviétique s'accentue, Korolev ayant muni sa fusée
d'un troisième étage pouvant créer les 11 km/sec que requièrent
les opérations lunaires.
Lancé le 2 janvier 1959, Lunik-1 (361 kg) passera à
6.200 km de la Lune avant de gagner une orbite solaire, devenant
Meichtcha,
première planète artificielle
A cet exploit,
les Américains répondent par Pionnier-4 (7kg), qu'une fusée
Juno-II lance le 3 mars 1959. L'engin est muni d'un détecteur
photoélectrique et d'un équipement pour une étude des radiations.
Pionnier-4 passe à 60.000 km de la Lune. Les liaisons sont
maintenues jusqu'à 643.000 km, ce qui constitue un record.
Mais outre leur maîtrise du poids lourds, l'URSS on un
tir plus précis.
Une capsule sur la Lune (URSS)
Ils vont donner au demeurant
une preuve spectaculaire avec leur Lunick-2 (393 kg) lancé
le 12 septembre 1959, qui après un vol purement balistique,
atteint la Lune le 13 septembre à 22 h 02 mn 24 sec, près
du cratère Autolycus, après avoir transmis des renseignements
sur l'environnement sélène.
C'est exploit soulève une émotion
considérable.
Pour
la première fois, un engin fabriqué par l'homme a touché un
autre monde
Lunick-2 a été détruit en percutant la Lune à 3,3 Km/sec.
Une capsule commémorative a dû toutefois résister au choc.
Les USA ont préparé un Pionnier perfectionné et une nouvelle
fusée - l'Atlas Able - capable d'envoyer 160 kg vers
la Lune. L'opération annoncée pour le 4 octobre 1959. Mais
le lanceur explose lors d'une fausse manoeuvre le 28 septembre
1959.
Le 04 octobre 1959, lancement de Lunick-3 (435 kg),
présenté par les Russes comme une station interplanétaire
automatique.
La trajectoire des Lunick-1 et Lunick-2 est hyperbolique,
Lunick-3 lui suit une trajectoire elliptique qui, le 6 octobre
conduit l'engin à passer sous le pôle sud de la Lune. L'attraction
de l'astre jouant, la courbure de la trajectoire est inversée
de sorte que le 7, Lunick-3 remonte la face arrière et au
cours d'une scéance de stabilisation, prend une trentaine
de photographies qui seront développées à bord et retransmises
sous 1.000 lignes par radiobélinographie après que l'engin
se soit replacé sur unr orbite terrestre.
Le premier atlas de la face arrière de la Lune sera produit.
Premiers vaisseaux cosmiques
habités (URSS)
L'année 1960 fait encore assister
à un bond de l'astronautique Russe. Avec un troisième étage
allongé, ce sont 4,5 tonnes que la fusée de Korolev peut placer
sur une orbite terrestre. Ce vaisseau cosmique comporte, soudé
à une cabine sphérique ayant 2,3 m de diamètre, une salle
des machines que constituent deux troncs de cône accolés par
leur grande base.
Dès le 19 août 1960,
les deux chiennes Bielka et Strelka prennent place à bord
d'un vaisseau cosmique n°2. Pour la première fois au monde,
des êtres vivant reviennent sur Terre après avoir voyagé dans
le comos.
Au USA, dans le cadre du programme Discoverer, qui a consisté
à mettre en orbite, par une fusée Thor, une Agena pilotée
portant une capsule de 136 kg. La capsule de Discoverer-13
a été récupérée le 11 août 1960 dans l'océan pacifique.
Les premiers satellites
L'année 1960 a vu les USA marquer
des points avec les premiers satellites d'application.
Tiros-1, lancé le 1er avril 1960 : satellite météorologique.
Ses images ont permis de voir pour la première fois des complexes
nuageux, des thyphons, etc.
Tiros-2, lancé le 23 avril, et Transit-1 le premier satellite
de navigation.
Tous ces satellites sont des engins d'une centaine de kilogrammes,
avec l'emploi des fusées de première génération.
Echo-1, le 12 août 1960, un autre satellite d'application
est lancé. Il sera le ballon dont, à l'oeil
nu, on suivra le cheminement dans le ciel nocturne.
Le vol de Gagarine (URSS)
En astronautique fondamentale,
l'URSS va s'afirmer avec un éclat inégalé au début de 1961.
Ayant modifié la fusée de Korolev pour obtenir, sur une orbite
d'attente, un réallumage de son étage supérieur, les Soviétiques
lancent le 4 février un satellite de 6.483 kg. Cela, pour
préparer le départ, le 11 février du premier engin planétaire,
Vénus-1 (643kg). Il tombera en panne deux semaines
après non sans avoir transmis des renseignements sur l'espace
à 5 millions de km.
Après l'échec du vaisseau cosmique n°3 qui a brûlé avec ses
deux chiennes en rentrant dans l'atmosphère le 2 décembre
1960, deux nouveaux vaisseaux cosmiques ont été lancés coup
sur coup les 9 et 26 mars 1961.
C'est avec tous ces préliminaires de tests, révolutions et
récupérations, que le feu vert est ainsi donné pour l'envoi
d'un homme dans l'espace.
Le mercredi 12 avril 1961,
c'est à 7h07mn, sur le cosmodrome de Baïkonour, que la fusée
porteuse Vostock-1, du premier vaisseau piloté (4.725kg),
décolle. Un communiqué révèle son occupant :
Youri
Gagarine
Nous l'entendrons parler depuis l'espace alors qu'il gravite
autour de la Terre entre 181 et 327 km, pour une révolution.
Tout est automatique. Youri Gagarine n'a qu'à observer la
Terre dont pour lui le spectacle est une extraordinaire découverte.
Le Vostock d'est orienté, au sortir de la nuit en repérant
le Soleil. La rétro-fusée est allumée au-dessus du Congo et
l'atterissage intervient à 08h 55mn près de Saratov, dans
un champ fraîchement labouré. Youri sort de sa cabine avec
aisance et accueilli par des paysans qui n'en croient pas
leurs yeux. Une commission se rend sur les lieix, elle salue
le pilote, parti lieutenant, en l'appelant Commandant.
Puis le cosmonaute Youri Gagarine de téléphoner au président
Khrouchtchev :
Je n'ai pas une seule égratignures.
Le prestige de l'astronautique soviétique a atteint son maximun
et Mouscou va réserver un triomphe comme nul homme n'en a
connu. Mais au USA c'est à nouveau l'amertume comme au lendemain
de Spoutnick-1. En 1959, visitant les USA, le président Khrouchtchev
avait annoncé qu'aucune équipe de cosmonautes soviétiques
n'avait encore été formée - ce qui était exact - et que sa
constitution interviendrait " lorsque le besoin s'en
ferait sentir ".
Au lendemain du vol de Gagarine, la fusée Redstone - créant
2 km/sec - peut seulement faire un bond balistique à une Mercury.
L'expérience a lieu le 5 mai. Alan Shepard va dans l'espace
pour 15 minutes, juste le temps de voir sa cabine s'élever,
pivoter sur elle-même et retomber dans l'Atlantique.
Le programme Apollo (USA)
A ce jour les USA ont à leur
tête un jeune et dynamique président. Le House Committee for
Sciences and Technics, recommande l'envoi d'un homme sur la
Lune.
Le 25 Mai 1961, Kennedy adopte le programme Apollo, prenant
l'engagement au nom de la nation américaine de faire arriver
un équipage sur la Lune avant la fin de la décennie.
C'est un désir de revanche profonde sur les soviétiques.
Les USA vont tout mettre en oeuvre pour rattraper l'énorme
retard sur l'URSS. Du fait de son coût très élevé, supérieur
à 20 milliards de dollards, le programme Apollo soulève certes
une opposition. L'Administrateur de la NASA, Hugh L. Dryden
souligne :
Mais à ce stade les Américains ne savent pas encore comment
ils iront sur la Lune. Mais quelle que soit la solution retenue,
ils leurs faudra des fusées géantes. Une filière a été choisie
qu'un nom symbolise : Saturn.
La première Saturn-1 est expérimentée dès le 25 septembre
1961 au Cap Canaveral; elle effectue un simple bond balistique.
Mais ses huit moteurs H-1 créent une poussée totale de 680
tonnes et le feu vert est donné pour la production du gros
moteur F-1 qui, à lui seul, développera 680 tonnes, cinq moteurs
F-1 devant équiper la futur Saturn-V. Plus de six années devront
passer avant que cette Saturn-V vole, car les Américains
entendent suivre un programme extrêmement rigoureux en superorganisant
leur entreprise spatiale.
Les dés sont jetés : la course à la Lune est partie.
Les Américains vont faire pousser des centre un peu partout
sur tout le territoire. Le centre administratif de la NASA
se trouve à Washington. La direction d'un centre scientifique
est confié à Wernher von Braun à Huntsville (Alabama). Lewis
Research Center à Clevland et Ames Research Center en Californie
; d'autres centres sont consacrés aux études avancées.
Emanation du célèbre Califournian Institute of Technology,
le Jet Propulsion Laboratory va se spécialiser dans
les problèmes des sondes lointaines.
L'URSS envoye un autre cosmonaute dans l'espace : Guerman
Titov reste une journée dans l'espace en août 1961. Mais
les Soviétiques n'ont pas retenue l'envoi d'un homme sur la
Lune, par-contre la priorité est donnée à "l'astronautique
fondamentale".
Le 7 novembre 1967, le président Khrouchtchev fait part aux
journalistes :
"Le temps des grandes premières spatiales soviétique
est révolu .../... Vous n'avez vu qu'un tout petit début".
Ultérieurement le Premier soviétique sera catégorique, déclarant
que :
"les Russes ne font pas de plan pour des vols de
cosmonautes vers la Lune et que si les américains se proposent
d'envoyer des hommes sur la Lune, il leur souhaite de ré:ussir..."
Ainsi, une situation entièrement nouvelle est instaurée. Pendant
des années les grandes premières vont être américaines tandis
que les Russes travaillent pour l'avenir, dans le cadre du
programme Cosmos qui débute le 16 mars 1962. Sous cette
enseigne, des satellites Comos expérimentaux vont recevoir
les missions les plus variées, et ils porteront tous un simple
numéro d'ordre.
Essor (URSS - USA)
Deux Vostock qui effectue un
vol jumelé avec Adrian Nicolaiev et Pavel Popovitch
à son bord ainsi que douze Cosmos prennent ainsi la
route de l'espace au cours de l'année 1962.
Après une mise au point très longue, le 20 février 1962,
John Glenn effectue trois révolutions, à bord d'une Mercury
(le tir est intervenu après dix ajournements).
En 1962, c'est aussi l'année des premiers satellites de communications,
avec Telstar-1 lancé le 10 juillet 1962 et pour la
première fois une image franchit en direct l'océan. La
mondiovision naît..
Les USA arrêtenent les grandes lignes du programme Apollo.
Après mûre réflexion, ils ont renoncé au voyage direct et
à la très lourde fusée Nova, optant pour le rendez-vous autour
de la Lune qu'a préconisé John C. Houbelt, du Langley Research
Center, en uitilsant la Saturn-V dont le premier étage, haut
de 42 m, est fabriqué à New Orleans.
L'assemblage du lanceur aura lieu dans un bâtiment haut de
140 m, le Vehicle Assembly Building ou VBA, la décision
de construire à Merritt Island, à 20 km au nord de Cap Canaveral,
un immense complexe pour les futures vols lunaires.
Le 27 août 1962, ils lancent Mariner-2 (202kg), en
direction de Vénus, survolée le 14 décembre à 34.800 km, avec
un matériel qui fera découvrir la planète voisine
pendant 40 mn.
Comme Vénus-1 de 1961, Mars-1 est envoyé par les Russes
en direct de la planète rouge le 1er novembre 1962, mais cessera
d'émettre avant d'avoir atteint son objectif.
Les Rangers (USA)
Les Américains entendent faire
sonder la Lune par des engins automatiques. Un programme en
ce sens comporte trois volets : Rangers, Surveyor et Prospector.
Le programme Rangers a été préparé dès 1959. Il s'agit de
larguer , à quelques 35 km du sol lunaire, une masse de 136
kg constituée par une capsule munie d'une ré-fusée qui, grâce
à 90 kg de combustible, devra réduire sa vitesse de 2.700
m/sec à moins de 100 m/sec. Sphérique de 64 cm de diamètre,
la capsule est appelé Tonto. En outre dans le
corps du Rangers, une caméra de télévision est installée pour
prendre des clichés du sol sélène.
Or ce programme ne peut être exécuté. Deux expépériences préliminaires,
les 23 août et 18 novembre 1961, se sont traduites par des
échecs, la fusée Agena n'ayant pu être rallumée.
Le 26 janvier 1962, Ranger-3 prend un bon départ, mais
par suite d'un excès de vitesse, il passera à 36.800 km de
la Lune.
Le 23 avril 1962, Ranger-4 est lancé à son tour. Mais
cette fois-ci c'est l'appareil électronique qui fait échouer
la mission (la calculatrice de bord tombe en panne, interdisant
la stabilisation).
Muet, Ranger-4 s'écrasera sur le sol lunaire
par 229,3° Est et 15,5° Sud.
Le 21 octobre 1962, Ranger-5 passera à 720 km de la
Lune, mais avec un nouvel échec du à une panne électronique.
En 1964, nouveau matériel. Ranger-6 est encore un échec.
Avant de s'écraser dans la mer des Nuées, Ranger-7
transmet d'excellentes photographies, la dernière prise depuis
500 m du sol, faisant découvrir des cratères de toutes tailles.
Ranger-8 et Ranger-9, seront des succès.
Sortie dans l'espace (URSS)
Parallèllement au développement
du programme Cosmos, les vols pilotés Russes continus au ralenti.
Après le vol groupé en 1963 des Vostok-5 et 6, les Soviétiques
ont envoyé dans l'espace, sous le nom de Voskhod-1,
un Vostock transformé dont le siège éjectable a été supprimé.
Installés en travers, trois hommes occupent la cabine :
- le Commandant de bord -
Vladimir Komarov,
- le médecin Boris Egorov
(qui a soutenu une thèse sur l'oreille interne),
- l'électricien Constantin
Feoktistov, spécialiste des équipements spatiaux.
Un second Voskhod est lancé le 18 mars 1965, et emporte
à son bord : Pavel Beliaiev et Alexis Leonov.
Grande première
!
Grâce à un sas, Leonov peut sans que la cabine soit dépressurisée,
sortir dans l'espace pendant une dizaine de minutes.
Ces opérations seront suivies par de très longues suspension
des vols pilotés russes, afin d'étudier et de tester des matériaux
nouveaux et de mettres au point une meilleure étude technologique
des vols spatiaux d'endurances, visant à très long termes
les lointains voyages ; se désintéressant totalement de la
Lune (qui n'a jamais été leur but !!).
Opération Gémini (USA)
Nom donné à un véhicule
biplace de 3.300 kg. Cette étape Gemini va être une très
grande importance, alors que la préparation du matériel Apollo
est plus ardue que prévue.
La cabine Gemini possède un système de propulseur comportant
24 moteurs de 11,5 kg, 2 moteurs de 38 kg, 2 moteurs de 43
kg. Mise en orbite avec une fusée Titan II.
Le 23 mars 1965, Gemini-3 effectue trois révolutions
avec à son bord : Virgil Grissom et John Young, testant
la cabine en changeant d'orbites.
Le 03 juin 1965, Gemini-4 est occupée par James
Mc Divitt et Edward White. Ce dernier sort de la cabine,
contrôlant ses déplacements au moyen d'un pistolet à oxygène.
Le vol dure quatre jours.
Le 21 août 1965, Gemini-5 est occupée par Charles
Conrad et Gordon Cooper, laissant place à une large mission
photographique, pendant huit jours.
Le 04 décembre, Gemini-7, est occupée par Frank
Borman et James Lovell. Ils vont rester à bord 14 jours.
L'expérience est extrèmement importante par les observations
médicales qu'elle autorise : les astronautes reviendront quelque
peu décalcifiés, en ayant perdu 5% de leur poids, mais en
bonne santé.
Ayant monté une seconde Titan, les Américains peuvent,
le 05 décembre, lancer Gemini-6, occupé par Walter
Schirra et Thomas Stafford, alors que Frank Borman
et James Lovell sont toujours en orbite.
Et le même jour, premier rendez-vous spatial.
La Gemini-6 réussit
à rejoindre Gemini-7, et
les deux cabines volent à quelques mêtres l'une de l'autre.
L'opération a inauguré la deuxième phase du programme Gemini,
qui visait à maîtriser la technique des manoeuvres spatiales.
Le 16 mars 1966, Gemini-8, avec à son bord David
Scott et Neil Armstrong, réussissent la première jonction,
emboîtant leur cabine dans une fusée cible Agena. A
la suite d'un blocage d'une valve due à une rotation trop
rapide de la cabine, la mission à été suspendue rapidement.
Le 03 juin 1966, Gemini-9, part avec Thomas Stafford
et Eugen Cernan, mais ils ne peuvent amarrer leur cabine
à la cible ATDA, dont le cône protecteur ne s'est pas
détache. Toutefois Cernan effectue une longue sortie de 02h09mn
dans l'espace.
Un double rendez-vous est réussi au cours du vol Gemini-10,
lancé le 18 juillet 1966, avec à son bord John Young
et Michael Collins. Elle rejoint en premier la cible Agena
qui l'a précédée d'une révolution dans l'espace. Puis elle
va retrouver l'Agena-8 abandonnée en mars. Collins
effectue deux sorties.
Le 12 septembre 1966, Gemini-11, avec à son bord Charles
Conrad et Richard Gordon, réussisent un rendez-vous avec
une Agena qu'ils rejoignent dès leur première révolution.
Utilisant le moteur de l'Agena, ils effectuent un bond à 1.365
km de la Terre. Ce vol dure trois jours.
Fin du programme Gemini, avec le vol Gemini-12, le 11 novembre
1966. A son bord, James Lovell et Edwin Aldrin
restent quatre jours en orbite. Analysant les techniques du
travail dans l'espace, Aldrin, totalisera 05h37mn au cours
de ses sorties.
Les Luna soviétiques (URSS)
Pendant toutes ces missions
Gemini, aucun cosmonaute Russe n'a été lancé. Les programmes
américains et Russes sont totalement différents. Ayant
lancé en 1965, 52 Cosmos avec des missions très diversifiées
et mis en orbite leurs premiers satellites de communications
Molniya, placés sur des orbites de 12h très excentriques
qui leurs permettrons de s'attarder au-dessus de leur territoire.
Ces satellites assurent les liaisons entre Moscou et des stations,
constituant le réseau Orbita.
La télévision et
les journaux moscovites arriveront à Vladivostok.
Une nouvelle fusée a été utilisée pour lancer en 1965, les
premiers satellites de la série Proton. Charge utile
qui avoisine les 12 tonnes, sera porté à 17 tonnes,
préparant ainsi dans le cadre du programme Cosmos, leurs premiers
satellites météorologiques.
Mais une nouvelle activité survient : l'envoi de sondes
lunaires automatiques.
C'est la fusée Korolev qui les lance. Un quatrième étage permet
l'envoi en deux temps de véhicules dépassant 1.500 kg, la
technique ayant été mise au point très discrètement en 1963
avec Luna-4
A cette nouvelle série de sondes qui a débuté le 09 mai
1965 avec Luna-5 qui amèneront les Russes à une maîtrise
parfaite des arrivées en douceur sur la Terre. Quatre tentatives
se traduiront par des insuccès.
C'est une grande
première soviétique !
Le
03 février 1966, Luna-9. A 6.500 km de la Lune, l'engin
s'oriente. A 75 km, il largue son dispositif de navigation,
et il déclenche la séquence de freinage, une rétro-fusée à
commande cybernétique réduisant la vitesse de 2.600 km/sec
à une valeur voisine de zéro à quelques mètres du sol lunaire.
A ce moment-là, une coquille capitonnée se détache, s'immobilise
et s'ouvre, devenant une petite station de 100 kg portée par
quatre pétales. A son bord une caméra permet de prendre des
vues panoramiques qui seront transmises, montrant le sol lunaire
depuis moins d'un mètre.
Ils sont également les premiers à mettre un satellite en orbite
autour de la Lune le 03 avril 1966, utilisant un engin dérivé
de Luna-9.
Pendant deux mois, Luna-10 va reconnaître le domaine
circumlunaire. Les Luna-11 et Luna-12 se satelliseront
également autour de la Lune.
Et avant la fin de 1966, une autre sonde soviétique, Luna-13,
se posera en douceur dans l'océan des Tempêtes.
Le Professeur Sedov précise : " Les Soviétiques
jugent prématuré le choix d'un site pour l'alunissage de cabines."
Le programme Surveyor (USA)
Le programme Surveyor est une
préparation à l'arriver des futurs modules lunaires.
Conçu dès 1959 et approuvé en 1960, le "Surveyor"
a subit des modifications au fil des ans. Initialement, une
sonde de 1.150 kg prévue avec un sismographe et trois caméras
de TV couleur, dont deux auraient opéré en stéréo.
C'est en 1963 qu'avait été envisagé le premier lancement d'un
Surveyor au moyen d'une Atlas-Centaur. Vu ses problèmes
extrêmement délicats, il a fallu alléger le Surveyor de 150
kg et au début, renoncer à l'orbite d'attente.
Pour son premier vol, le 31 mai 1966, la sonde emporte une
caméra (noir et blanc). La manoeuvre d'alunissage débute 40
mn avant l'arrivée à quelques 3.600 km du sol sélène. L'engin
se retourne.
Puis, à 90 km, une rétro-fusée à poudre est mise à feu ; fonctionnant
pendant 40 secondes, elle réduit sa vitesse de 2.600 m/sec
à 120 m/sec. trois moteurs verniers à liquides entrent en
action, et lorsque la fusée à poudre a cessé de fonctionner
à quelque 10 km de la Lune, pour conduire une descente commandée
par le radio-altimètre.
Le 02 juin 1966, Surveyor-1, se pose dans l'Océan
des Tempêtes. C'est un engin de 280 kg (dont 28 kg d'instruments
scientifiques). Sa caméra va transmettre plus de 10.000 images.
Le 20 avril 1967, Surveyor-3, qui contituera en 1969
la cible d'Apollo-12 (Conrad et Bean l'atteindront), se pose
lui aussi dans l'Océan des Tempêtes.
Le 11 septembre 1967, Surveyor-5, avec "un freinage
catastrophe" sur une très courte distance, se pose au-dessus
de la Mer de la Tranquilité.
Le 09 novembre 1967, Surveyor-6 se pose dans le Golfe
du Centre.
Surveyor-7, sera dévolue pour une mission purement
scientifique : l'étude d'une région montagneuse, proche
du cirque de "Tycho".
Grâce à ces sondes, les Américains commencent à savoir le
comportement du sol lunaire et retenir les meilleurs sites
pour un alunissage par cabine.
Avant Apollo, Les Lunar Orbiters
(USA) et autres expériences (USA / URSS)
Le 14 août 1966, Lunar Orbiter-1
satellisé, prend des pohotographies qui seront développées
sur papier et transmises par framelets sous l'extraordinaire
définition de 18.942 lignes.
Pour les quatres autres Lunar Orbiter qui suivent,
ils envoient quelque 200 images. ceci dans le cadre du programme
d'Apollo.
Au USA, il semble que les problèmes de fiabilité des sondes
aient été résolus. Les Surveyors ont survécu à la nuit lunaie
et les Lunar Orbiters ont fonctionné jusqu'à ce que les techniciens
commandent leur écrasement sur la Lune, afin d'éviter l'encombrement
dans l'espace circumlunaire.
Autre expérience. Lancé le 30 novembre 1964, Mariner-4
a survolé le 15 juillet 1965 la planète mars. L'engin a transmis
22 photographies depuis 200 millions de kilomètres.
Avec les Vénus-2 et Vénus-3, qui est atteinte
en quatre mois, le contact a été maintenu en 1965 pendant
tout le voyage. Par la suite, les Russes recevront des émissions
envoyées à partir de capsules larguées dans l'atmosphère vénusienne,
qui se révélera constituée pour 95% de gaz carbonique.
Courant 1967, l'URSS et les USA sont pratiquement à égalité.
Chacun poursuivant un programme spécifique.
- Les Russes sont très pointus
dans l'astronautique fondamentale.
- Les Américains sont forts
d'une électronique.
Or, deux drames vont êtres enregistrés en moins de trois
mois.
Le 27 janvier 1967,
Virgil Grisson, Edward White et Roger Chaffee
périssent dans leur cabine, incendiée par un court-circuit.
L'équipage qui avait été désigné pour le premier vol Apollo
répétait le compte à rebours.
Le 24 avril 1967, Vladimir Komarov trouve la mort
à l'issue d'un vol expérimental du vaisseau cosmique Soyouz-1
: le parachute ne s'étant pas déployé, la cabine s'écrase
sur le sol.
L'URSS et les USA, vont réviser leurs plans. Les vols habités
sont retardés. Des engins automatiques vont les remplacer
pendant cette période.
Un rendez-vous automatique des Cosmos-186 et Cosmos-188
est ainsi réussi le 30 octobre. L'exploit cause une certaine
sensation dans la mesure où l'homme avait toujours été considéré
comme nécessaire pour guider une jonction.
Le 09 novembre, Apollo-4; les Américains lancent leur
Saturn-V. La masse au décollage dépasse 2.700 tonnes.
Simultanément un premier étage, un second étage et un véhicule
(qui n'est autre que le second étage du lanceur Saturn-I-B).
L'étage supérieur est envoyé à 20.000 km. Il accélère son
retour. La rentrée est parfaite et la cabine amerrit à moins
de dix kilomètres du point prévu.
Deux mois plus tard c'est le vol d'Apollo-5. Les Américains
testent le module lunaire. Ses moteurs et liaisons fonctionnent
de façon satisfaisante.
Les Zond survolent la Lune
(URSS)
Les Soviétiques ont finit d'expérimenter
leur Soyouz modifié sous l'étiquette Cosmos.
Un rendez-vous automatique avec les Cosmos-212 et Cosmos-213
est parfaitement réussi.
Le Soyouz comporte trois tronçons représentés comme des compartiments
:
- un compartiment orbital
(cellule préfigurant une station),
- une cabine (seule
récupérée) et
- une salle des machines
cylindrique, munie de deux ailes dallées de photopiles
pour l'obtenir l'énergie électrique au véhicule.
L'ensemble donne une envergure de 11 mètres au Soyouz.
le 5 mars 1968 sous le nom de Zond-4, en supprimant
le compartiment orbital, les Russes ont créé un vaisseau lunaire
de 5 tonnes qui est expérimenté. Il s'éloigne à 350.000
km de la Terre.
Le 15 septembre, Zond-5 ; télécommandé depuis le sol,
il contourne la Lune et revient sur Terre. La cabine est récupérée
dans l'océan Indien.
C'est encore une grande première
: si un homme avait occupé la cabine, il serait revenu
vivant. Mais fortement secoué par une décélération de 16 grammes
lors de la rentrée.
Avec une nouvelle technique de retour, le 10 novembre 1968,
Zond-6 répète le vol de Zond-5, mais en deux temps
le 17 novembre 1968 pour sa rentrée. Un freinage
atmosphérique au-dessus de l'océan Indien est suivie
d'un bond balistique qui permet un attérissage sue
le territoire soviétique.
Les Russes sont concentrés sur la mise
au point d'une station orbitale.
Le 25 octobre 1968, Soyouz-3, avec à son bord Gheorgui
Beregovoï part pour l'espace, se rapprochant d'un Soyouz-2
automatique lancé la veille.
En janvier 1969, une permutation d'équipage entre un Soyouz-4
et Soyouz-5, qui s'accouplent pendant 04h33mn, constituant
une station expérimentale de 12.924 kg.
Le triomphe d'Apollo (USA)
Pour les USA, Apollo c'est
la route de la Lune, celle du triomphe. Le drame en 1967 ayant
engendré un matériel surqualifié grâce auquel la conquête
va se révèler plus facile que prévu et le triomphe.
A bord d'Apollo-7, lancé à partir d'une fusée Saturn-I-B,
Walter Schirra, Walter Cunningham et Donn Eisele, sont
placés en orbite et expérimentent durant 10 jours leur véhicule
à l'arrière duquel un moteur crée une poussée de 9,3 tonnes,
tandis que quatres propulseurs se trouvent sur la surface
latérale. L'équipement donne entière satisfaction.
Le 21 décembre 1968, Apollo-8 ; avec l'étage supérieur
de la Saturn-503 - première Saturn-V utilisée pour le lancement
d'un équipage ; se place d'abord sur une orbite d'attente.
Il lance Frank Borman, James Lowell et William Anders,
vers le domaine lunaire. Apollo-8 se place sur une orbite
quasi circulaire : les astronautes voient défiler à 112 km
sous eux le paysage lunaire. Après dix révolutions, c'est
la désatellisation le 25 décembre et la récupération dans
la Pacifique le 28 décembre.
La fusée Saturn-V est en effet capable
de placer 135 tonnes autour de la Terre, pour envoyer 45 tonnes
vers la Lune. Cette masse correspondant à un véhicule Apollo
qui sera solidaire d'un module lunaire de 15 tonnes.
Construit à Bethspage (N.Y), ce module est double. Un étage
à descente (2 tonnes de structure + 8,1 tonnes de combustible),
il servira de plate-forme pour un étage de remontée (2,3 tonnes
de structure + 2,5 tonnes de combustible) renfermant la cabine,
les moteurs d'altitude, les ordinateurs et autres systèmes
électroniques.
Un premier essai le 03 mars avec Apollo-9 : David
Scott commande la cabine James Mc Divitt et Russel
Sweichakart se rendent dans le module lunaire qu'ils détachent
le 07 mars, effectuent des manoeuvres avant de rejoindre la
cabine.
Une répétition est donnée à Apollo-10, lancé le 18 mai,
qui renouvelle le vol de Borman, mais cette fois avec un module
lunaire. John Youg reste aux commandes de la cabine, et
Thomas Stafford et Eugen Cernan conduisent le module volant
à 15 km au-dessus de la Mer de la Tranquilité. Pilotant leur
engin comme s'il revenaient de la Lune, ils regagnent ensuite
Apollo-10. L'ensemble se comporte parfaitement.
La décision est prise pour l'alunissage
avec Apollo-11
- Le 16 juillet 1969 à 17h32mn
: Neil Armstrong, Edwin Aldrin et Michael Collins en sont
les héros.
- Le 20 juillet, ils sont mis en orbite autour de la Lune.
- Collins reste à bord de la cabine Columbia.
- Neil Armstrong et Edwin Aldrin, prennent place dans le module
Eagle, qui peu après 21h aborde la Mer de la Tranquilité.
- Grand coup de frein, manoeuvre automatique.
- Les astronautes prennent en main les commandes pour guider
la descente.
- Par suite d'une mauvaise détermination de la trajectoire,
la phase est mouvementée.
- En dessous d'eux un important cratère et ils doivent
modifier le vol.
- Le voyant d'alerte de combustible s'éclaire indiquant
que les combustibles sont épuisés.
- Plus que quelques mètres du sol avec Eagle et la décision
est prise de poursuivre la descente.
- Une lampe s'allume indiquant qu'un palpeur a touché le
sol, ce qui coupe automatiquement le moteur.
- Eagle se pose dans un nuage de poussière à 21h17mn42sec.
- L'homme à atteint la Lune.
- Quelques heures plus tard, l'écoutille est ouverte.
- Armstrong emprunte l'échelle, démascant la caméra.
- A 03 h 56 mn 20 sec, le monde entier voit en direct,
un pied se poser sur la Lune.
L'astronautique
vient d'entrer dans son âge adulte
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